Des corps perdus

Clairement, je n'ai pas choisi...

De la pointe d'un couteau à bout rond, je trace sur la table des figures improbables, dans les reliefs d'un déjeuner vite avalé.

Je n'étais pas préparé à ce qui s'est passé, je ne l'ai pas désiré ; j'ai senti ce frémissement de ma peau, de mon sang, de mes muscles, rien de désagréable, rien de chaud, rien de froid, comme une chose magnétique qui perturberait mon énergie vitale. Le moindre mouvement en fait varier le champ, et je perçois comme un souffle, l'air qui circule entre mes doigts.

J'aurais pu garder le silence, mais les mots sont pervers, qui viennent en désordre. Qu'il est dur de se faire comprendre, à défaut, de se faire entendre. Peu importe : j'en garde une respiration haletante, le souffle court, une pression douloureuse sur le c½ur. Souvent, je me suis interrogé sur ce qui fait choisir ce symbole, associé aux émotions violentes. Je l'ai toujours su ; en fait, je l'avais oublié.

J'ai appris à me soigner des flambées estivales, bien que j'en jouisse pleinement. Je ne demande rien et je n'ai rien à offrir que l'on ne saurait prendre, que l'on n'aurait souhaité, mais le fait est étrange. Je voulais juste, en toute honnêteté, le faire partager, le faire savoir, car, si je peux douter de moi, souvent, et si ceci n'a pas de sens, encore, le souvenir me reviendra, un jour, d'avoir formulé, que je le veuille ou ne le veuille pas, l'alchimie involontaire de l'attraction des corps perdus.
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# Posté le mercredi 22 octobre 2008 14:48